top of page

Lactate exogène: le futur de la nutrition sportive?

  • il y a 10 heures
  • 4 min de lecture

Le lactate n’est pas un déchet produit par le muscle en difficulté, mais un substrat énergétique majeur que l’organisme sait utiliser efficacement. Des explorations sont en cours, du lactate ingéré (lactate exogène) pourrait devenir un nouveau carburant pour les sports d’endurance.


ExoLactate Gel, le premier gel apportant du lactate exogène
ExoLactate Gel, le premier gel apportant du lactate exogène

Depuis quelques années, une nouvelle piste intrigue le monde de l’endurance : et si le lactate pouvait être consommé directement pendant l’effort pour devenir une source d’énergie supplémentaire ?


C’est l’une des pistes explorées par Aitor Viribay, docteur en sciences du sport et fondateur de Glut4Science, qui travaille sur les stratégies nutritionnelles innovantes pouvant repousser les limites de la performance en endurance.


Du « lactate = fatigue » au lactate comme carburant

Le modèle traditionnel selon lequel l’accumulation de lactate serait responsable de la fatigue est aujourd’hui remis en question.


Le lactate fonctionne plutôt comme une molécule d’échange énergétique : il peut être produit dans un tissu, transporté dans le sang, puis capté et oxydé par un autre tissu pour produire de l’énergie. Le cœur, le cerveau et les muscles très actifs sur le plan mitochondrial sont notamment capables d’utiliser le lactate comme substrat énergétique.


Cette découverte ouvre une question : pourrait-on apporter du lactate de l’extérieur, sous forme de « lactate exogène », afin d’augmenter la disponibilité énergétique pendant un effort prolongé ?


Un carburant complémentaire aux glucides ?

L’intérêt potentiel du lactate est qu’il pourrait fonctionner différemment des glucides classiques.


Les glucides consommés pendant l’effort (glucose et fructose) nécessitent un passage intestinal via des transporteurs spécifiques :

  • le glucose utilise principalement le transporteur SGLT1 ;

  • le fructose utilise principalement GLUT5.

Le lactate, lui, pourrait emprunter une autre voie de transport via les transporteurs MCT, notamment MCT1.


L’idée serait donc de créer un modèle « dual fuel » :

  • les glucides continuent d’apporter rapidement de l’énergie ;

  • le lactate apporte une source énergétique complémentaire ;

Les deux pourraient théoriquement augmenter la quantité totale d’énergie disponible pendant l’effort. L’objectif ne serait donc pas de remplacer les glucides, mais d’ajouter une nouvelle source de carburant.


Les défis actuels du lactate exogène

Sur le papier, le concept est séduisant. Mais plusieurs obstacles restent à résoudre avant d’imaginer des stratégies utilisées en compétition.

Pour avoir un effet potentiellement significatif, il faudrait probablement atteindre des doses élevées, de l’ordre de 10 à 25 g de lactate par heure.

Or, les sources alimentaires actuelles sont loin d’être idéales.


Les principales sources de lactate



Les yaourts ➡ environ 1 g de lactate par yaourt.Une source naturelle intéressante, mais totalement insuffisante pour atteindre les quantités envisagées pendant un effort (il faudrait imaginer consommer une dizaine de yaourts par heure).

Le kéfir de lait ➡ environ 10 g de lactate par litre. La concentration est meilleure, mais le volume nécessaire devient incompatible avec une pratique sportive d’endurance.

L’acide lactique alimentaire ➡ environ 10 g de lactate pour 12 mL.Très concentré, mais son acidité et son goût rendent son utilisation difficile pendant un effort prolongé.

Les lactates de sodium, calcium ou magnésium ➡ environ 10 g de lactate pour environ 12,5 g de sel de lactate (selon la forme utilisée). La problématique principale devient alors la quantité de minéraux associée, notamment le sodium, pouvant poser des limites digestives et nutritionnelles.


Une révolution potentielle… mais encore en construction

Cette situation rappelle l’arrivée de certaines innovations récentes en nutrition sportive, comme les esters de cétones ou les hydrogels glucidiques.

Dans ces deux cas, le concept était prometteur, mais la réussite dépendait autant de la molécule elle-même que de la manière de l’apporter efficacement à l’organisme.


Pour le lactate, le potentiel existe : apporter une nouvelle source d’énergie utilisable pendant plusieurs heures d’effort pourrait représenter une évolution majeure dans les sports d’endurance.

Mais aujourd’hui, les preuves scientifiques restent encore insuffisantes pour en faire une stratégie validée en compétition.


Conclusion

Le lactate n’est plus le symbole de la fatigue musculaire : c’est un véritable carburant que notre organisme sait utiliser.

Le lactate exogène pourrait devenir demain une nouvelle source d’énergie complémentaire aux glucides, capable d’augmenter l’apport énergétique disponible lors des efforts longs.

Cependant, la technologie de délivrance, la tolérance digestive et la validation scientifique doivent encore progresser avant de voir apparaître des produits réellement efficaces pour les athlètes d’endurance.



Références
Brooks GA. Lactate as a fulcrum of metabolism. Redox Biol. 2020;35:101454. 
Brooks GA. The Science and Translation of Lactate Shuttle Theory. Cell Metab. 2018;27:757–85. 
Brooks GA. What the Lactate Shuttle Means for Sports Nutrition. Nutrients. 2023;15:2178. 
Gladden LB. Lactate metabolism: a new paradigm for the third millennium. J Physiol. 2004;558:5–30. 
Hui S, Cowan AJ, Zeng X, et al. Quantitative Fluxomics of Circulating Metabolites. Cell Metab. 2020;32:676–
688.
Miller BF, Fattor JA, Jacobs KA, et al. Lactate and glucose interactions during rest and exercise in men: effect of
exogenous lactate infusion. J Physiol. 2002;544:963–75. 
Pedersen MGB, Søndergaard E, Nielsen CB, et al. Oral lactate slows gastric emptying and suppresses appetite in
young males. Clin Nutr. 2022;41:517–25. 
Murray AJ, Knight NS, Cole MA, et al. Novel ketone diet enhances physical and cognitive performance. FASEB J. 
2016;30:4021–32. 
Pettersson S, Ahnoff M, Edin F, et al. A Hydrogel Drink With High Fructose Content Generates Higher Exogenous
Carbohydrate Oxidation. Front Nutr. 2020;7:88. 
Urdampilleta A, Arribalzaga S, Viribay A, et al. Effects of 120 vs. 60 and 90 g/h Carbohydrate Intake during a Trail
Marathon on Neuromuscular Function and High-Intensity Run Capacity. Nutrients. 2020;12:2094. 
 
 
 

Commentaires


Contactez-nous

Follow

  • Instagram
  • TikTok
  • Linkedin

**Ce plan nutritionnel doit être utilisé comme une ligne directrice générale. Les besoins et les restrictions alimentaires de chaque individu sont uniques. Les informations et conseils sont fournis à titre indicatif seulement, ils ne se substituent pas à une alimentation équilibrée et variée et à un mode de vie sain. La consultation d'un professionnel de santé est obligatoire en cas de doute.**

© 2025 by RunBooster. Powered and secured by Wix

bottom of page